Pinda Diallo Directrice Générale de SNS : La politique sociale : « un moyen pour l`entreprise de renforcer ses profits »

Pendant bien longtemps, on a entendu tant de dénégations  du genre: l’entreprise ne doit pas être jugée sur des éléments sociaux, mais sur sa capacité à créer des richesses.

Son rôle consiste à  produire, pas à embaucher, ou à accueillir des salariés en mal de vivre  ; et les plus libéraux d’ajouter: si l’entreprise remplit correctement sa mission, inévitablement cela se traduira concrètement pour les salariés qui toucheront les fruits de leurs efforts. C’est justement ce genre d’évidence qu’il convient d’apprécier. A l’examen en effet du bilan social de nombre d’entreprises publiés via les réseaux sociaux, l’on tombe sous le choc des différences profondes qui existent d’une entreprise à une autre. Ici, on fait un effort particulier pour la formation du personnel, ailleurs, on s’en tient au minimum légal. Chez certains, on utilise toutes les ficelles pour disposer d’un personnel précaire, ce qui permet d’ajuster sans délai les effectifs aux sautes d’humeur du marché et aux impondérables de la clientèle. Chez d’autres, au contraire, le contrat à durée indéterminée est la règle quasi absolue, parce qu’on parie sur les effets productifs d’un lien salarial stable.

Conséquence  : plutôt que la flexibilité externe (celle qui consiste à répercuter les fluctuations d’activité sur les effectifs), on pratique la flexibilité interne : reconversion sur d’autres postes, utilisation des fléchissements d’activité pour la formation du personnel. Il ne s’agit pas de prétendre que l’entreprise doit se préoccuper d’abord de social et que la sanction du marché dépend d’abord de la façon dont elle gère sa main-d’œuvre. Ce serait déraisonnable ! On voit bien que, dans une économie de marché, la compétitivité ne dépend pas seulement, ni principalement, du bon climat interne. Non, il s’agit simplement de regarder les éléments sociaux comme autre chose qu’un luxe. Ils font partie intégrante du management, parce que l’implication au travail est largement fonction de la façon dont les salariés sont traités et dont ils voient les efforts payés.

Les théories du salaire d’efficience partent de l’idée que l’effort consenti par le salarié est déterminé par le traitement favorable ou défavorable, dont il estime être l’objet. En d’autres termes, la productivité, l’efficience est déterminée par le salaire versé, alors que le point de vue dominant a toujours été l’inverse. C’est cette révolution que nous engageons les managers à effectuer : le social explique aussi en partie la façon dont marche et évolue l’entreprise. Gageons qu’au cimetière des entreprises faillies, bon nombre le doivent à une politique sociale marquée par la défiance et l’exploitation.

Les salariés, eux, sont encore plus unanimes que les clients pour que leurs employeurs soient de plus en plus «  responsables  ». Toutes les analyses montrent qu’ils se sentent fiers d’œuvrer pour une entreprise socialement responsable et qu’ils apprécient particulièrement de participer à des initiatives sur le sujet. Les universités et les grandes écoles peuvent également témoigner de l’importance accrue accordée par leurs étudiants, depuis quelques années, à la réputation RSE des entreprises dans leur recherche de stage ou d’emploi. La responsabilité sociale des entreprises est donc devenue un sujet d’importance en management des organisations tant pour les praticiens que pour les théoriciens.  Elle est désormais passée dans les mœurs. Il ne s’agit pas d’un effet de mode mais d’une solution gage du développement durable de nos entreprises et les managers devront se l’approprier.

 

Source : rhmag.ci

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