Sarah Codjo, créatrice de luxe made in Africa

Créatrice de bijoux et initiatrice de la marque Perlicious, la béninoise Sarah Codjo fait partie de cette nouvelle génération d’artisans-entrepreneurs africains qui ont fait le pari de la créativité. Une femme de talent que vous fait découvrir Forbes Afrique.

 

Qu’est-ce qui peut justifier que l’on fasse fi d’une brillante carrière promise dans l’audit pour se lancer dans l’artisanat ? La passion, tout simplement. Et Sarah Codjo a très tôt découvert la sienne, la création artistique. Elle est aujourd’hui à la tête de son entreprise, Perlicious Accessoires, qui propose à sa clientèle une ligne d’articles centrée sur les accessoires (bijoux et vaisselle notamment) en perles précieuses ou semi-précieuses et les vêtement

Débuts

Tout démarre à l’l’institut Supérieur de Management (ISM) de Dakar. C’est là que Sarah Codjo, alors étudiante, se révèle pour la première fois au grand public lors d’une édition de l’ISM Talent Week, un évènement culturel organisé par l’établissement afin de mettre en valeur les différents talents du corps estudiantin. C’est ainsi que la jeune femme conquiert ses premiers clients sénégalais. Mais c’est au Bénin, son pays natal, que Perlicious voit le jour en 2009. Le succès ne se fait pas longtemps attendre dans une Afrique qui a faim d’africanités : l’entreprise, qui réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de plusieurs dizaines de millions de francs CFA, revendique des pièces à 100 % africaines. 
  
Positionné haut de gamme, Perlicious travaille exclusivement avec des matières premières recherchées, travaillées par une équipe d’artisans expérimentés. L’objectif est toujours le même : mettre en valeur les richesses de l’art et de la culture africaines, les pierres utilisées dans les bijoux provenant du sous-sol africain. 
Quant aux vêtements, qu’ont déjà adopté nombre de personnalités (les artistes béninois Sèssimè, Pépé Oléka, Fafa Ruffino ou encore l’ancienne Garde des Sceaux Marie-Elise Gbedo), outre les matériaux utilisés (en provenance du Ghana, d’Afrique du Sud, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de la RDC), c’est le savoir-faire africain qui est mis en valeur. Comme aime à le rappeler Sarah, «ne travaille pas le sequin qui veut». C’est pour la même raison qu’elle préfére travailler avec le Batik sud-africain plutôt que le Wax, qui bien qu’abondamment prisé sous les latitudes africaines, n’est pas issu du continent. Par ailleurs, l’équipe de Perlicious est presque entièrement composée d’Africains. Hormis quelques Émiratis, l’on y retrouve en premier lieu des Béninois, mais aussi des Sénégalais, des Ivoiriens et des Malgaches.

Consécration

Il faudra cependant attendre jusqu’en 2012 pour que Perlicious Accessoires soit enregistré en tant que marque déposée. L’entreprise peut alors franchir un palier. Sarah Codjo est en effet régulièrement invitée à des expositions et défilés à travers le monde. Mais ce n’est pas tout : la marque déposée Perlicious attire aussi de plus en plus d’organisations et d’institutions, qui signent des accords de partenariats avec la marque. En 2012, l’ONG internationale OXFAM propose ainsi à la cheffe d’entreprise de représenter le Bénin au projet Play For Union, organisé par l’Union africaine. L’année suivante, c’est l’ambassade des Etats-Unis à Cotonou qui consacre ses créations au rang de ‘’meilleur produit culturel du Bénin’’. En 2015, c’est de la Jeune Chambre Internationale (JCI) qu’elle reçoit le trophée de la plus jeune entrepreneure culturelle au Bénin. Perlicious est également en partenariat avec le leader mondial new-yorkais du maquillage, MAYBELLINE, filiale du groupe de cosmétiques l’OREAL. Des distinctions qui confortent encore un peu plus la jeune entrepreneure dans son ambition : créer des produits de luxe« Made in Africa ».