Nigeria : une fillette de 7 ans commet un attentat-suicide, 5 morts

Le groupe terroriste Boko Haram a, apriori, une nouvelle fois utilisé une enfant pour commettre un attentat au Nigeria. Ce dimanche, une fillette d'environ sept ans a fait exploser une bombe qu'elle portait sur elle dans un marché de la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, tuant cinq personnes.

En visite au Niger voisin, le chef de la diplomatie françaiseLaurent Fabius a enjoint les autorités nigérianes à s'engager «pleinement» contre Boko Haram.



L'attentat-suicide de dimanche a été commis sur le marché Kasuwar Jagwal, dédié à la vente et à la réparation de téléphones. La fillette a actionné une ceinture d'explosif qu'elle portait à la taille, ont indiqué des témoins. Cinq personnes ont été tuées en même temps que l'enfant. Dix-neuf autres ont été hospitalisées pour des blessures.



Cet attentat-suicide est le deuxième visant ce marché depuis le début de l'année. Le 11 janvier, deux filles kamikazes s'étaient fait exploser aux abords du site, tuant six personnes et en blessant 37 autres. L'une des kamikazes avait une quinzaine d'années. La veille, un attentat similaire commis par une fillette d'environ 10 ans avait tué 19 personnes aux abords du principal marché de Maiduguri, capitale de l'Etat Borno (nord-est), voisin de Yobe.



Fabius : le Nigeria doit s'engager «pleinement» contre Boko Haram



Ces deux attentats avaient été attribués à Boko Haram, qui contrôle plusieurs localités du nord-est du Nigeria et y multiplie les attaques meurtrières et exactions depuis six ans. Depuis 2009, l'insurrection islamiste et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria. Le groupe a récemment a étendu ses attaques à des pays voisins, notamment au Niger et au Cameroun.



En visite dimanche à Niamey (Niger), à l'occasion d'une tournée en Afrique centrale, Laurent Fabius a estimé qu'il «est nécessaire qu'il y ait un plein engagement du Nigeria dans la lutte contre Boko Haram». Le nord-est du Nigeria, «très éloigné d'Abuja et de Lagos», est «géographiquement très proche» du Tchad, du Cameroun et du Niger, a justifié le ministre français, qualifiant d'«indispensable» un engagement plein du géant africain contre les islamistes, qui n'ont cessé de gagner du terrain dans le nord-est du pays depuis 2009. La collaboration paraît parfois poussive entre le Nigeria et ses trois voisins - Tchad, Cameroun et Niger - désormais engagés militairement contre le groupe armé nigérian.



Samedi, Laurent Fabius a visité une cellule de coordination à N'Djamena (Tchad), où se trouvaient des militaires tchadiens, camerounais, nigériens et français, mais dont l'armée nigériane était absente. Ce, alors même que la France a promis d'accroître sa coopération avec tous les pays touchés par Boko Haram dans le domaine du renseignement notamment. «Nous avons sous-estimé les compétences de Boko Haram» au début de son insurrection, a d'ailleurs reconnu dimanche le président nigérian Goodluck Jonathan.




Source : leparisien.fr