Le jeûne, heure par heure : ce que votre corps traverse vraiment
Que se passe-t-il dans notre organisme lorsqu’on cesse de manger ? Loin d’être un simple état de privation, le jeûne est un processus biologique actif, structuré en phases bien distinctes. Voici le décryptage, heure par heure.
Phase 1 (0 à 16 h) : digestion et glycogénolyse
Dès le dernier repas avalé, l’insuline monte pour distribuer le glucose aux cellules. L’excédent est stocké sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Une fois la digestion terminée, le corps puise dans ces réserves pour maintenir la glycémie. C’est cette phase que nous traversons chaque nuit, sans même y penser.
Le saviez-vous ? Le glycogène hépatique représente environ 400 à 480 kcal d’énergie rapidement disponible. Ces réserves s’épuisent en 12 à 16 heures selon l’activité physique.
Phase 2 (16 à 48 h) : cétose et combustion des graisses
Une fois le glycogène épuisé, le corps bascule sur les graisses. Le tissu adipeux libère des acides gras que le foie convertit en corps cétoniques, une source d’énergie alternative très efficace pour le cerveau et les muscles. Parallèlement, la production d’hormone de croissance augmente significativement, ce qui protège la masse musculaire.
À noter : L’haleine légèrement fruitée lors d’un jeûne prolongé est due à l’acétone, un corps cétonique éliminé par la respiration. C’est le signe que le corps est bien en cétose.
Phase 3 (après 24 h) : l’autophagie cellulaire
L’un des effets les plus remarquables du jeûne est l’activation de l’autophagie, un mécanisme par lequel la cellule se recycle elle-même en éliminant ses composants endommagés. Ce processus, récompensé par le Prix Nobel de médecine en 2016, est associé à un ralentissement du vieillissement cellulaire et à un effet protecteur contre certaines maladies neurodégénératives et métaboliques.
Les effets sur le cerveau et le métabolisme
Le cerveau s’adapte rapidement en utilisant les corps cétoniques comme carburant principal. La production de BDNF, une protéine qui stimule la croissance neuronale, augmente. Sur le plan métabolique, le jeûne améliore la sensibilité à l’insuline, réduit les marqueurs inflammatoires et favorise un meilleur profil lipidique.
À retenir: Le jeûne est un outil puissant lorsqu’il est pratiqué progressivement. Il est conseillé d’être suivi par un professionnel de santé, notamment en cas de pathologie chronique, de grossesse ou chez les adolescents.
Florence Bayala
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