'' Ma sœur m’a demandé de lui laisser la maison de nos parents''
Je pensais que les discussions autour de la maison de nos parents seraient difficiles, mais jamais je n’aurais imaginé qu’elles finiraient par nous opposer. Après le décès de notre mère, ma sœur et moi sommes restées très proches. Nous avions toujours été différentes, mais nous avions cette habitude de nous appeler presque tous les jours. Pendant longtemps, nous avons réussi à nous soutenir malgré nos vies respectives. Puis la question de la maison familiale est arrivée.
Une maison pleine de souvenirs
La maison se trouvait dans un quartier où nous avions grandi. C’est là que nous avions fêté nos anniversaires, reçu nos cousins et passé nos vacances scolaires. Après la disparition de notre mère, nous avions décidé de ne rien changer immédiatement. Nous avions besoin de temps. Quelques mois plus tard, ma sœur m’a appelée. Je voudrais récupérer la maison.’ Je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire exactement. Elle m’a expliqué qu’elle souhaitait y vivre avec ses enfants et qu’elle était prête à prendre en charge les travaux nécessaires. Selon elle, cela permettrait de conserver la maison dans la famille.
Je ne voulais pas la vendre non plus
Le problème, c’est que je n’avais jamais envisagé de vendre cette maison. J’y étais aussi attachée qu’elle. Je lui ai proposé que nous trouvions ensemble une solution : conserver le bien en indivision, le rénover progressivement ou réfléchir à un arrangement qui conviendrait à toutes les deux. Elle a refusé. Pour elle, puisque je vivais déjà dans une autre ville, la maison devait naturellement lui revenir. C’est à partir de là que notre relation a commencé à changer.
Nous avons cessé de nous parler
Les appels sont devenus rares. Les discussions familiales se terminaient parfois par des reproches. Des proches ont commencé à prendre parti, chacun avec sa propre version de l’histoire. Un soir, j’ai reçu un long message de ma sœur. Elle disait que je préférais un morceau de mur à notre relation. Cette phrase m’a profondément blessée. Je lui ai répondu que ce n’était pas la maison qui comptait plus que notre relation. C’était justement parce que je tenais à notre relation que je ne voulais pas prendre une décision qui laisserait de la rancœur entre nous.
Nous avons finalement décidé de parler autrement
Quelques semaines plus tard, nous nous sommes retrouvées avec un membre de la famille que nous respections toutes les deux. Pour la première fois depuis longtemps, nous avons parlé sans nous interrompre. Nous avons compris que nous ne défendions pas seulement une maison. Nous défendions chacune notre place dans notre histoire familiale. La solution n’a pas été immédiate, mais nous avons finalement décidé de faire les démarches nécessaires pour clarifier juridiquement la situation et chercher un accord qui respecte les droits de chacune.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas complètement d’accord sur tout. Mais nous avons recommencé à nous parler. J’ai compris ce jour-là qu’une succession peut réveiller des blessures anciennes, mais qu’aucun bien matériel ne devrait empêcher une famille de chercher le dialogue. Je ne sais pas encore ce que deviendra cette maison. Mais je sais une chose : je ne veux pas perdre ma sœur pour elle.
Adama Doumbia
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